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Sous la cuirasse du Bombardier

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Quatorze ans après son premier titre de roi des arènes, Serigne Ousmane Dia domine toujours le monde de la lutte. Rencontre avec cette star nationale dont la détermination n’a d’égale que la ferveur qu’il suscite.

Après quelques joutes dans la capitale, son style tout en puissance et ses frappes précises lui valent rapidement le surnom de Bombardier. Les victoires s’enchaînent jusqu’à son premier combat de référence, le 29 juillet 2001. Ce jour-là, il terrasse son idole, Moustapha Guèye. « Ce combat a été comme un déclic, je me suis dit que j’étais fort et que je pouvais aller beaucoup plus loin », confie Bombardier. Un an plus tard, le 25 décembre 2002, celui qu’on surnomme aussi le « B52 de Mbour » parvient au sommet : il devient roi des arènes en battant la star de l’époque, Tyson.

Tout le Sénégal découvre alors le visage de ce gros nounours sympathique et blagueur, capable de jouer au football pendant des heures avec les mômes de son quartier. Ses proches assurent qu’il a su « rester simple » et qu’il n’a pas pris la grosse tête, même s’il est connu pour avoir une grande confiance en lui. Parfois même trop, ce qui lui a joué des tours pendant plusieurs années. « Il est très têtu. Quand il veut quelque chose, rien ni personne ne peut s’y opposer. Cette assurance lui a coûté plusieurs victoires, car il pensait avoir gagné avant même d’avoir combattu », reconnaît son grand frère.

Dépossédé en 2004 de son titre de roi des arènes par celui qui deviendra ensuite son grand rival, Yékini, le champion de Mbour entame une traversée du désert dans la seconde moitié des années 2000. Il décide alors de changer de méthodes d’entraînement. Grâce à un ami, il découvre la lutte traditionnelle turque. Il se rend à Istanbul pour s’entraîner face à des lutteurs très mobiles et enduits d’huile, ce qui lui permet d’améliorer sa technique de prises.

Il y retournera plusieurs fois par an entre 2005 et 2010, date de sa rencontre avec Luc Estienne, entraîneur de boxe et de sports de combat à Montpellier, dans le sud de la France. Depuis, le géant de la Petite-Côte s’y rend régulièrement pour se préparer – et améliorer son tir à la pétanque.

Source : Jeune Afrique

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